Hami Traoré, qui parallèlement à sa profession d’écrivain (son troisième livre est en préparation), dirige une fondation contre les violences sexuelles, la Fondation Gnitresor, estime cependant que la lutte contre l’excision porte ses fruits petit à petit.

« Le changement de comportement, c’est à long terme. En milieu rural on n’osait pas parler réellement des mutilations génitales féminines, mais aujourd’hui, les chefs coutumiers, les guides religieux, les leaders charismatiques, tout le monde en parle. Il y a des avancées », juge-t-elle.

« Avant on n’entendait pas parler de victimes. Personne n’osait prendre la parole pour témoigner à visage découvert ». « Aujourd’hui, on arrive à organiser des conférences en milieu scolaire, je vois des élèves de sixième prendre la parole et témoigner devant des centaines de personnes. Les parents échangent avec leurs enfants sur le sujet. Je reste optimiste pour une génération sans excision », conclut Hamitraore.

L’AIDF plaide pour que le gouvernement fasse de la lutte contre l’excision « une véritable priorité politique ».

Selon l’ONU, près de trois millions de filles sont excisées chaque année dans le monde, et au total 200 millions de filles et de femmes ont subi une forme de mutilation génitale dans les pays les plus concernés (27 pays africains, ainsi que le Yémen, l’Irak et l’Indonésie – chiffre 2016).